Le changement climatique bouscule nos forêts et fait souffrir les arbres qui les composent. Ceux-ci doivent faire face à des périodes de sécheresse et de chaleurs intenses de plus en plus fréquentes et longues.
Dans les opérations de reboisement, il est nécessaire d’intégrer dans les plantations des espèces d’arbres résistant à la sécheresse et à la chaleur.
Si nous avons tous en tête la capacité de résistance de certains résineux, comme le pin parasol ou le pin sylvestre, ou encore de certains arbres à feuilles persistantes, comme l’arbousier, l’olivier, les chênes vert et les chênes lièges, qu’en est-il des arbres à feuilles caduques, indispensables à l’équilibre biologique des forêts ?
Ces espèces seront à utiliser lors de plantations, en parallèle des essences locales.
Nous donnons ci-dessous quelques exemples d’arbres à feuilles caduques disposant d’une bonne capacité de résistance à la chaleur et aux épisodes de sécheresse.
Ces arbres peuvent bien entendu être aussi plantés dans votre jardin. Certains d’entre eux, au-delà de leur port élégant, peuvent aussi apporter un ombrage très efficace !
Le micocoulier est un arbre très présent dans le paysage méditerranéen ; Il peut mesurer jusqu’à 20m de haut et vivre jusqu’à 500 ans. C’est un arbre monoïque dont les fleurs sont pollinisées par le vent au printemps. Sa croissance est plutôt lente et son bois a autrefois été utilisé pour fabriquer des petits outils. Il est utilisé comme arbre d’ornement et d’alignement dans de nombreuses communes du sud de la France, mais on le plante de plus en plus fréquemment au nord de la Loire, comme à Paris.
Le micocoulier supporte bien les périodes de sécheresse et la chaleur. La face inférieure de ses feuilles présente un aspect duveteux qui fixe une mince pellicule d’air qui limite l’effet desséchant du vent et l’évapotranspiration. Son système racinaire est organisé à la fois autour d’une racine pivot très profonde et d’un système de surface qui peut capter l’eau de la moindre pluie.
L’érable de Montpellier est à mi-chemin entre l’arbre et l’arbuste. Sa hauteur peut cependant atteindre 10 m, c’est une espèce répandue dans les paysages méditerranéens. Il accompagne souvent les chênes verts et chênes pubescents. Il se différencie des autres espèces d’érables par la forme de ses feuilles qui ne compte que 3 lobes au lieu de 5.
Ses feuilles petites et épaisses et présentent une plus petite surface exposée au soleil. Il est capable de réguler très efficacement l’ouverture de ses stomates en cas de forte chaleur et de se mettre en sommeil le cas échéant. Il dispose par ailleurs d’un réseau de racines profondes qui luis permettent de trouver de l’eau alors que d’autres arbres puisent sur un terrain déjà sec. Cette espèce semble très adaptée au changement climatique.
Il est appelé ainsi car la face inférieure de ses feuilles présente un aspect de velours argenté. C’est un arbre qui provient d’Asie mineure. On l’appelle aussi parfois tilleul de Hongrie, d’où il a été importé en France. Il est souvent employé comme arbre d’alignement et d’ornement. Sa croissance est plus rapide que celle des autres tilleuls et contrairement aux autres il supporte bien la chaleur et la sécheresse.
Le dessous des feuilles du tilleul argenté est recouvert d’une couche d’aspect cotonneux blanc ou brillant qui limite l’évaporation en cas de forte chaleur et qui a tendance à se retourner pour réfléchir la lumière du soleil (effet miroir) ou sous l’effet du vent. Contrairement aux autres tilleuls, il dispose d’un système racinaire profond pour aller chercher l’humidité dans des sols secs.
La famille des mûriers comprend de nombreuses variétés qui présentent de bonnes à très bonnes capacités de résistance à la chaleur et à la sécheresse.
D’une manière générale le mûrier développe un système racinaire très étendu en profondeur, capable d'aller chercher l’eau dans les moindres failles ou anfractuosités du sol, même compact, et ce dès l’âge de trois ans. C’est une espèce qui est aussi capable de sacrifier partiellement son feuillage en cas de très forte sécheresse. Il économise ainsi le besoin en eau pour sauver une partie de son système de circulation interne et de sauver les branches de charpente et les bourgeons de l’année suivante.
Les feuilles du mûrier platane présentent un aspect cireux sur la face supérieure qui renvoie une partie du rayonnement solaire et réduite l’évaporation dirent en cas de forte chaleur. La face inférieure du mûrier noir possède des minuscules poils qui emprisonnent une couche d’air superficielle humide sur la feuille et limite son dessèchement.
La sève du mûrier est laiteuse et épaisse comme du latex. Elle contient une substance qui aide à maintenir une certaine pression osmotique dans les cellules de l'arbre, ce qui facilite la rétention d’eau interne, même lorsque le sol devient très sec.
Cet arbre a été découvert par les européens en Amérique du Nord et introduit en France vers 1700. C’est une espèce monoïque qui peut attendre 25 mètres de hauteur. Les feuilles alternes présentent une couleur verte légèrement jaunâtre, notamment sur leurs faces inférieures. Cet arbre est très utilisé en ville comme arbre d’ornement et d’alignement.
Ses petites feuilles sont un atout pour résister à la canicule, car l’arbre a besoin de moins d’eau pour assurer le maintien de sa température interne. Les stomates des feuilles sont très réactives. Elles se ferment ou s’ouvrent très rapidement (selon les conditions) et en cas de haute température, elles peuvent interrompre très rapidement l’évapotranspiration de l’arbre pour économiser ses réserves et assurer l’intégrité de ses vaisseaux.
Son système racinaire comprend une racine pivot développée très jeune qui s’enfonce profondément dans le sol et peut aller puiser de l’eau même en période de sécheresse. Il développe également un système de surface extrêmement étalé qui peut capter l’eau de pluie très rapidement.
Ces caractéristiques particulières proviennent des mutations génétiques opérées lors des millénaires passés dans sa zone d’origine, les plaines du centre et de l’est des États Unis, au climat très froid en hiver et caniculaire et sec en été. Cette adaptation naturelle en fait peut être une des espèces les mieux disposées à affronter le changement climatique.
C’est un arbre auquel est attaché une légende très célèbre. Mais au-delà de l’histoire, l’arbre de Judée possède des caractéristiques très intéressantes dans une perspective de réchauffement climatique. Originaire du Moyen Orient, et notamment d’Israel, on pense qu’il a été introduit en Europe du temps des croisades. S’il peut devenir un bel arbre lorsqu’il est cultivé, il présente plutôt une nature arbustive en habitat naturel.
Sa résistance à la chaleur et à la sécheresse provient de plusieurs atouts. D’abord les feuilles sont épaisses et rigides pour limiter les pertes d’eau des tissus. Elles sont également recouvertes d’une cuticule cireuse qui permet de refléter les rayons solaires les plus forts et de limiter l’échauffement excessif de la feuille. Quand la chaleur devient trop intense, l’arbre laisse les pétioles de feuilles s’assouplir, changeant l’orientation des feuilles vers le bas. Les feuilles offrent ainsi moins d’exposition aux rayons du soleil. Cela permet de réduire la température des feuilles et d’économiser l’eau.
Comme le févier d’Amérique, il dispose d’un système de gestion des stomates très évolué, qui peut fermer celles-ci rapidement si l’air devient trop chaud et ainsi limiter l’évaporation de la plante. Cela ralentit la croissance de la plante mais retient l’eau et permet de traverser des épisodes de sécheresse sans dommage cellulaire.
L’arbre dispose en outre d’un système racinaire pivotant capable de pénétrer les terrains les plus durs, et même les roches. Il peut ainsi s’ancrer très profondément pour capter l’eau.
