Le développement durable et soutenable

Conditions et objectifs

Le développement durable et le développement soutenable en ville.

Le développement durable ou développement soutenable est l’enjeu du moment.

A l’époque de la prise de conscience de la vulnérabilité de l’écosystème terre face aux activités humaines, la recherche de voies pour assurer une perspective de développement durable aux habitants de la planète fait l’objet de propositions de toutes parts.

Beaucoup, malheureusement, ne sont que des ripolinages de nos modes de vie actuels et donc avec peu d’effets positifs et réels. 

 

Qu'en pense la Terre du Futur?


Les définitions

Les développement soutenable et développement durable passent par l'instruction.

Cette notion de développement durable ou développement soutenable peut se définir de plusieurs façons. Il en existe plusieurs (voir le paragraphe tour d’horizon).

 

Dans développement durable il y a deux mots. Un des deux est plus simple à définir, c’est le durable. Il indique que les activités humaines doivent pouvoir dans le temps être compatibles avec le respect de nos écosystèmes pour pouvoir exister, sur les décennies, siècles et millénaires à venir. L’activité humaine, telle qu’elle se déroule aujourd’hui ne doit pas compromettre notre existence dans 10 ans, 100 ans ou mille ans.

 

Certaines personnes préfèrent le terme « soutenable » à durable. Je pense que si on veut que le développement soit durable, il doit être soutenable. Soutenable n’implique pas la notion de temps long, je la trouve moins complète.

 

Le premier mot, développement, est certainement plus difficile à cerner. Jusqu’ici les sociétés ont focalisé le développement sur la valeur des PIBs, c’est à dire la valeur économique ou marchande de l’ensemble des activités humaines. Elles ont jusqu’ici (et cherchent encore) à mesurer leur développement avec la croissance de cet indicateur, malgré les dégâts qu’il peut causer non seulement à l’environnement, mais également à la cohésion des sociétés humaines car le PIB ne se soucie guère de l’équité du partage du développement économique. Même dans les sociétés riches, une fraction importante de la population peut vivre sous le seuil de pauvreté. En Europe par exemple, en fonction des pays, de 15 à 25% des européens vivent sous le seuil de pauvreté.  

Cette notion de PIB est dépassée, beaucoup en conviennent, mais nous avons du mal à nous en défaire. 

 

La course au PIB, qui trouve ses origines dans l’industrialisation des sociétés, est décorrélée des indices de développement humain : accès à une nourriture saine, accès à un logement décent, accès aux soins, accès à l’instruction, accès à la sécurité, et aussi accès à l’emploi. Il est absurde que dans les contextes de développements tels que nous le définissons aujourd’hui, dans une société qui produit de plus en plus l’emploi puisse devenir une denrée rare.

 

Il faut poser que le développement durable ou soutenable c’est permettre l’accès à ces richesses de bases, à l’exclusion de toutes autres. 


Simplifier les modes de vie pour l'environnement

Le développement durable est anéanti par les excès de richesse.
Extrait journal le Monde, 21/09/2020, émissions mondiales de CO2 par répartition de revenu.

Dans les pays industrialisés, dits riches, nous ne réalisons pas nécessairement à quel point nos modes de vie détruisent l’environnement.

 

Si on prend le cas des émissions de CO2 dans l’atmosphère, la lecture de quelques données est édifiante :

 

Dans le monde entier, 1% des plus riches sont responsables de 15% des émissions, 10% les plus riches 37%, alors que les 50% les plus pauvres 7% seulement.  

 

De plus dans l’accroissement des émissions de CO2, ce sont les plus riches encore qui tirent la statistique vers le haut, avec 46% de l’augmentation des émissions résultant des 10% les plus aisés.

Développement durable ou développement soutenable réduisent les émissions de CO2.
Extrait du journal le Monde, 21/09/2020

En France, entre 1990 et 2015, les 10% les plus riches d’entre nous ont produit plus d’un quart des émissions de CO2, soit autant que la moitié la plus pauvre de la population.

 

C’est l’accès à la richesse, que l’on qualifiera d’excessive, qui est responsable de l’atteinte considérable à l’environnement que nous subissons. Ces modes de vie ont fermé les conditions du développement soutenable et durable. 

 

Pour réduire les émissions de CO2, il faut limiter l’accroissement excessif de richesse. La richesse accorde un permis de tuer l’environnement, et à plus long terme, l’humanité toute entière.  

 

Lutter contre le réchauffement climatique est avant tout une action contre l’enrichissement à tout va, excessif et irréfléchi de l’humanité. Ce n’est pas une question technique ou technologique, qui est du second ordre. Nous devons changer nos paradigmes pour évoluer vers des modes de vies plus simples et compatibles avec les limites de notre environnement. Pour travailler efficacement contre le réchauffement climatique il faut accepter que chacun revienne vers un mode de vie beaucoup plus simple.

 

Les contraintes énergétiques que j’évoque plus bas nous aideront peut-être à moyen terme ; mais d’ici là les démarches volontaristes de limitation de la consommation sont incontournables pour entrer dans une logique de développement durable. 


L'équité dans l'accès aux richesses

La dérive du système capitaliste fait courir à notre monde des dangers considérables. Poussé par la névrose maladive du gain et du profit ce système économique montre deux de ces travers principaux les plus préoccupants :

  • Il pousse chaque acteur individuel à toujours chercher à utiliser ou accumuler plus de biens matériels, travers dont nous réalisons aujourd’hui la portée dévastatrice sur les systèmes environnementaux ;
  • Son fonctionnement se nourrit de différences sociales inacceptables : des consommateurs riches et des travailleurs pauvres, payés le moins cher possible. Partout ou il passe il sème cette gangrène qui finit par produire des ravages sociétaux. C’est ce que l’on peut observer aux États Unis, en Angleterre dans chaque pays où poussent les populismes, précurseurs du fascisme.Pour que les sociétés puissent se développer dans un cadre de développement durable, ou de développement soutenable, les écarts de revenus doivent être maitrisés et encadrés. C’est ce que nous proposons avec l’entreprise du futur par exemple.

 

L’impact de la richesse individuelle sur l’environnement doit aussi nous faire réfléchir sur le pouvoir de nuisance individuel admissible accordé par la richesse vis-à-vis des limites environnementales. Une société dotée d’un bon niveau de maturité sociale et environnementale limite les revenus, par l’impôt, en redistribuant vers des programmes sociaux et collectifs, qui limitent la pression sur l’environnement : l’éducation, la culture, les systèmes de santé, la recherche, l’urbanisme et l’habitat environnemental, la reforestation, etc… Dans ces domaines on peut trouver des perspectives de croissance presque infinies.

 

L’enrichissement individuel généré par le système capitaliste fait des ravages environnementaux et sociaux. Il faut le démonter complètement et le remplacer par un mécanisme dans lequel l’initiative individuelle conserve toute sa place, mais au bénéfice du plus grand nombre, dans des perspectives de soutenabilité et durabilité.


Comprendre les défis énergétiques et agir

L’amélioration des modes vie depuis un peu plus d’un siècle dans les pays riches s’est faite grâce à un accès abondant et relativement bon marché à différents types d’énergies. Mais cette facilité nous a éloigné des conditions du développement durable ou soutenable

Progression de l'utlisation des énergies primaires au détriment du développement durable.
L'évolution des productions d'énergie primaire par Christian Gueritte.

L’humanité tirait son énergie de la biomasse bois jusqu’à la fin du 19ème siècle, quand le charbon a progressivement pris le relai. Cette substitution a alors permis, en Europe du moins, à nos forêts de se reconstituer peu à peu.  Ensuite l’extraction de pétrole en masse à partir de la moitié du 20ème siècle a tiré l’expansion des 30 glorieuses et favorisé la mobilité individuelle telle que nous la connaissons aujourd’hui. 20 ans plus tard le gaz est entré en action, favorisant ainsi la production d’électricité le chauffage et d’autres industries. Les énergies renouvelables, nucléaires et hydrologiques, qui émettent très peu de CO2, ne représentent qu’une douzaine de pourcent du mix énergétique mondial, soit très peu.  

La plus grande partie des émissions de gaz à effet de serre provient de la combustion des énergies fossiles. L’autre grand contributeur étant l’agriculture et notamment l’élevage bovin.

Réduire les émissions de CO2 est difficile car l’énergie est le support de nos modes de vie. Sans énergie, ils reviendraient au niveau du 19ème siècle, ce que peu d’entre nous seraient capable d’accepter. Le transfert vers des énergies renouvelables n’est qu’une infime partie de la solution.

 

Sur cette question, l’humanité est quelque peu schizophrène : d’un côté elle presse pour abandonner les énergies fossiles, mais de l’autre elle n’est pas prête à évoluer vers un mode de vie qui s’accorde avec une consommation moindre d’énergie.

Les pics de production énergétique faciliteront la convergence vers les développement durable et développement soutenable.
Perspectives de production des énergies fossiles par Jean Laherrere, ASPO.

La limite des ressources pourrait nous aider à trancher ; les quantités de charbon, pétrole, gaz ne sont pas inépuisables. Leur production atteint un jour un maximum, appelé pic, puis décroit ensuite, à un rythme plus ou moins soutenu.

Pour le charbon le pic est déjà passé. La production décroit depuis quelques années.

Pour le pétrole, nous sommes en assis sur ce pic, plutôt en forme de plateau, c’est pourquoi nous ne le ressentons pas trop encore. Mais la production devrait chuter d’ici 2030. Pour le gaz ce sera un peu plus tard, vers 2040-2050.

 

Cette réduction des énergies disponibles, faciles d’accès et bon marché est une bonne nouvelle pour l’environnement, mais va bousculer nos habitudes de confort et de consommation immodérée alors que beaucoup d’entre nous aspirent à mieux vivre. Cette perspective de moindre accès à l’énergie sera forcément génératrice de tensions dans le monde et sans doute de chaos. 

Quelles énergies utiliser pour le développement soutenable?

Emissions de CO2 par énergie primaire pour le développement durable.
Source : ADEME

En France et en Europe, nous cherchons à nous débarrasser des énergies fossiles. Nous fermons des centrales thermiques gaz, charbon pétrole, et nous prévoyons d’ici 30 ans de ne plus utiliser de véhicules thermiques ou de système de chauffage fuel ou gaz. Ces usages énergétiques doivent basculer vers l’électrique. Qu’il faudra bien produire, alors que la consommation d’électricité augmente du fait de l’augmentation de la population et des nouveaux usages, notamment numériques.

 

La question énergétique est donc fondamentale et devra faire l’objet de débats sur les modes de production que nous souhaitons pour l’avenir, qui détermineront les quantités dont nous pourrons disposer.

 

A ce jour seuls trois sources de production d’électricité minimisent les émissions de CO2 le long de leur cycle de vie (cf graphique ADEME ci dessus):

  • La production hydroélectrique.
  • La production éolienne.
  • La production nucléaire.

C’est donc avec ces trois sources qu’il faut travailler pour envisager notre futur énergétique et mettre en place les conditions du développement durable et du développement soutenable


Les développement durable et soutenable par Frédéric Durdux