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Lutte contre le réchauffement climatique

L'objectif de cet article est de souligner l'importance de la gestion des forêts dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il s'appuie sur une étude réalisée par 25 scientifiques du monde entier et citée par le GIEC dans un dernier rapport.

Les solutions naturelles

La lutte contre le réchauffement climatique doit adresser les émissions de gaz à effet de serre.

Pour simplifier on peut dire que la lutte contre le réchauffement climatique par la réduction des émissions de gaz à effet de serre comprend deux composantes:

  • La réduction des émissions d’une part, et
  • La séquestration du CO2 et autres gaz à effet de serre. 

Sur ces deux dimensions, il y a des moyens techniques liés à l’usage des technologies que nous mettons en œuvre, puis un deuxième volet appelé solutions climatiques naturelles. Ces dernières sont associées à la mise en œuvre de solutions naturelles de lutte contre le réchauffement climatique, telles que reboiser.

 

Les éditions successives des rapports du GIEC incorporent cette dimension de solutions naturelles dans leurs recommandations. La version d’évaluation des solutions d'octobre 2017 a été établie par 25 scientifiques du monde entier. Nous la résumons dans une version préliminaire ci-après.

Impact des solutions naturelles

pour la lutte contre le réchauffement climatique

L’étude affirme qu’une meilleure gouvernance de l’utilisation des sols est nécessaire dans la lutte contre le réchauffement climatique pour atteindre l’objectif de limiter à 2°C le réchauffement climatique par rapport à l’ère préindustrielle, comme le prévoit l’accord le sommet sur le climat 2015 de Paris (COP21). L’étude propose d’identifier et quantifier 20 pistes d’actions possibles pour conserver, améliorer ou restaurer l’utilisation des sols qui accroissent le stockage du CO2 ou évitent l’émission des GES. L’étude adresse les zones de forêts, les zones humides, les zones de prairies et les zones de culture agricole.

Quelques chiffres de l'étude sur les solutions climatiques naturelles

L’étude estime qu’une meilleure gestion des ressources naturelles pourrait produire un puits naturel de 37 milliards de tonnes d’équivalent CO2 par an, et couvrir ainsi 37% de l’effort nécessaire pour avoir 66% de chances de tenir des objectifs de réchauffement fixés par l’accord de Paris.

 

Sur ces 37 milliards de tonne équivalent CO2 annuels, près de 50% seraient des solutions dont le coût serait inférieur à 100 dollars US par tonne de CO2, (en rappelant que le coût social du réchauffement climatique à l’horizon 2030 est évalué à 100 dollars US la tonne) et qu’un tiers de ces solutions présenteraient un coût inférieur à 10 USD la tonne.

Les 20 pistes de solutions climatiques naturelles

Le graphique suivant représente les 20 pistes d'actions naturelles dans la lutte contre le réchauffement climatique et leur impact. 

Les 20 pistes de solutions naturelles de lutte contre le réchauffement climatique

Ce qui saute aux yeux dans ce graphique c’est la structure en diagramme de pareto de l’impact des pistes étudiées : on constate que 80% de l’impact est apporté par moins de 20% des pistes, qui, de plus est, sont associées à la gestion forestière.

 

Les auteurs ont également mis en avant les effets induits par ces solutions naturelles de lutte contre le réchauffement climatique :

  • la qualité de l'air;
  • la préservation ou la restauration de la biodiversité;
  • la préservation des ressources en eau;
  • la régénération des sols. 

Des solutions naturelles de lutte contre le réchauffement climatique, en France et en Islande, sont décrites sur d'autres pages de ce site : 

Auteurs de l'étude et organismes associés

L’article complet en version pdf de cet article (rédigé en langue anglaise) sur les solutions de lutte contre le réchauffement climatique peut être téléchargé ci dessous.

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Solutions naturelles contre le réchauffement climatique
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Les auteurs de l'étude sont : 

Bronson W. Griscoma, Justin Adamsa, Peter W. Ellisa, Richard A. Houghtonc, Guy Lomaxa, Daniela A. Mitevad, William H. Schlesingere, David Shochf, Juha V. Siikamäkig, Pete Smithh, Peter Woodburyi, Chris Zganjara, Allen Blackmang, João Camparij, Richard T. Conantk, Christopher Delgadol, Patricia Eliasa, Trisha Gopalakrishnaa, Marisa R. Hamsika, Mario Herrerom, Joseph Kieseckera, Emily Landisa, Lars Laestadiusl,n, Sara M. Leavitta, Susan Minnemeyerl, Stephen Polaskyo, Peter Potapovp, Francis E. Putzq, Jonathan Sandermanc, Marcel Silviusr, Eva Wollenbergs, and Joseph Fargionea

 

Les organismes associés à l'étude sont :

  • The Nature Conservancy, Arlington, VA;
  • Department of Biology, James Madison University, Harrisonburg, VA 22807;
  • Woods Hole Research Center, Falmouth, MA 02540;
  • Department of Agricultural, Environmental, and Development Economics, The Ohio State University, Columbus, OH 43210;
  • Cary Institute of Ecosystem Studies, Millbrook, NY 12545;
  • TerraCarbon LLC, Charlottesville, VA 22903;
  • Resources for the Future, Washington, DC 20036;
  • Institute of Biological and Environmental Sciences, University of Aberdeen, Aberdeen, AB24 3UU, Scotland, United Kingdom;
  • College of Agriculture and Life Sciences, Cornell University, Ithaca, NY 14853-1901;
  • Ministry of Agriculture, Government of Brazil, Brasilia 70000, Brazil;
  • Natural Resource Ecology Laboratory & Department of Ecosystem Science and Sustainability,
  • Colorado State University, Fort Collins, CO 80523-1499; lWorld Resources Institute, Washington, DC 20002;
  • Commonwealth Scientific and Industrial Research Organization, St. Lucia, QLD 4067, Australia;
  • Department of Forest Ecology and Management, Swedish University of Agricultural Sciences, SE-901 83 Umeå, Sweden;
  • Department of Applied Economics, University of Minnesota, Saint Paul, MN 55108;
  • Department of Geographical Sciences, University of Maryland, College Park, MD 20742;
  • Department of Biology, University of Florida, Gainesville, FL 32611-8526;
  • Wetlands International, 6700 AL Wageningen, The Netherlands;
  • Gund Institute for the Environment, University of Vermont, Burlington, VT 05405

Rédigé par Frédéric Durdux