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Le tourisme spatial, un délire criminel.

Les problèmes que posent les riches pour la planète

L'essor du tourisme spatial est parfaitement incompatible avec les enjeux environnementaux.
Lanceur au décollage, photo Arianespace.

Ces projets pour le tourisme spatial sont invraisemblables ! Alors que début juillet 2021 un dôme de chaleur extrême s’est abattu sur l’ouest canadien, que des forêts californiennes sont à nouveau en feu, que le record de chaleur a été battu dans le désert de la mort, que l’Espagne subit des températures accablantes, le presse s’enthousiasme pour des caprices de riches, Richard Branson, Jeff Besos, sans oublier Elon Musk. Chacun rêve de lancer une ère de tourisme spatial !

 

La nouvelle mission que se donne Richard Branson est stupéfiante : “We are at the vanguard of a new industry determined to pioneer twenty-first century spacecraft, which will open space to everybody — and change the world for good”.On pourrait pourrait traduire cette phrase en français “nous sommes à l’avant-garde d’une industrie nouvelle, déterminés à être les pionniers des vaisseaux spatiaux au 21ème siècle, pour ouvrir l’espace à tous, pour un monde meilleur…

 

Cette volonté de développer le tourisme spatial est ahurissante par le cynisme absolu qu’elle véhicule. Alors que la plupart des citoyens du monde riche sont conscients des problématiques planétaires de climat, de pollution, de pénurie de ressources, on ne peut imaginer que ces trois super-milliardaires n’aient aucune connaissance des contraintes et limites qui s’imposent à l’humanité pour continuer à exister sur la planète terre.

 

Les projets de ces trois individus, décidés par eux seuls, financés par leur fortune accumulée en quelques années par leur sens des affaires et le travail de leurs salariés, vont à contresens total de ce que doivent faire les pays riches pour contribuer à limiter la destruction planétaire en cours : modérer l’activité économique matérielle, aller vers plus de sobriété.

 

Nous réalisons toujours plus chaque jour à quel point nous avons détruit notre habitat terrestre. Nous constatons depuis quelques années les prémices du réchauffement climatique… Et que font les super riches, qui seraient censés être des gens avisés, éclairés, donnant l’exemple ? Ils veulent, avec leur projet de tourisme spatial continuer l’œuvre de destruction massive organisée par le capitalisme le plus sauvage et le plus débridé ! Celui-ci cherche à faire de l’argent à court terme sans aucun souci de la sauvegarde de notre planète. Il ne rendra pas le monde meilleur. Bien au contraire il ne fera qu’accélérer le processus de destruction. 

Ces projets de tourisme spatial sont cyniques

Le tourisme spatial relève d'un grand cynisme. Le vol touristique dans l'espace doit être interdit.

On pourrait se dire que l’expérience est très limitée et n’impacte que peu l’environnement. Mais aujourd’hui, il faut bien comprendre que nous devons tous modifier nos modes de vie pour alléger la contrainte sur la nature et limiter les émissions de gaz à effet de serre.

 

L’enjeu est la survie de notre humanité dan quelque décennies. Nous ne parlons pas du 22ème siècle, mais d’un phénomène qui va devenir de plus en plus insupportable pour les terriens dès maintenant et très difficile avant 2050. Les conséquences de cette destruction quand elles concernent le climat touchent bien sur la température de l’air, mais aussi les régimes des pluies, l’accès à l’eau et notre capacité à tirer de l’agriculture les denrées alimentaires pour nous nourrir.

 

Ce sont nos conditions de vie les plus élémentaires qui sont menacées, même pour les pays tempérés comme la France.

 

En face de cette perspective, ces trois super milliardaires continuent à faire comme si de rien n’était en poursuivant la course effrénée vers le futile au pouvoir de destruction massif.

 

La destruction de notre environnement tient pour beaucoup aux flux de matières que nous mettons en mouvement pour assouvir nos besoins ou nos non-besoins. Lancer un objet dans l’espace, même à une altitude limitée exige des moyens disproportionnés par rapport à la charge utile. Ce sont donc des centaines de tonnes de matières différentes, souvent des matériaux nobles, rares et très chers qu’il fait extraire, traiter, transporter, mettre en forme. Ce faisant on utilise de l’eau douce (très rare sur la planète) on génère des gaz à effet de serre, on produit d’autres rejets polluants. Et pour quoi : pour envoyer quelques milliardaires se balader quelques minutes dans l’espace, admirer les dernières minutes d’une planète qui étouffe de nos bêtises. Ces projets de tourisme spatial relèvent d’un cynisme le plus absolu.

 

Compte tenu du destin qui attend l’humanité, du niveau de connaissances dont nous disposons aujourd’hui, continuer à agir de la sorte doit être considéré comme une action criminelle, dont les auteurs devraient répondre devant les tribunaux.

Quel destin pour l'industrie spatiale?

Le tourisme spatial est à interdire. L'industrie spatiale doit servir à nos connaisances de la terre et à communiquer.
Photo Arianespace

Refuser et interdire le tourisme spatial ne signifie pas que l’on doive se priver des outils que peut aujourd’hui apporter l’industrie de l’espace. Mais nous devons limiter son emploi à des usages restreints comme ceux qui nous permettent d’approfondir nos connaissances sur l’état de la planète, son environnement dans l’espace.

 

Ces outils doivent être mutualisé le plus possible parmi les terriens pour limiter l’impact lié à leur mise en œuvre. Les satellites de communication peuvent aussi être utiles dans certains cas, comme ceux de positionnement. Le développement des usages militaires devrait être également proscrit.

 

L’industrie de l’espace peut apporter beaucoup de satisfactions en favorisant l’approfondissement de nos connaissances et l’observation de la planète. Elle permet aux équipes de cette industrie de s’épanouir pour le bienfait de tous.

 

Par contre les vols touristiques dans l’espace ne relèvent que d'un égoïsme déplacé et… qu'il faut qualifier de criminel. 


Cet article sur le tourisme spatial a été rédigé par Frédéric Durdux.