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Combien de CO2 absorbe un arbre

Combien de CO2 absorbe un arbre ? Comprendre cette donnée est essentiel pour lutter contre le changement climatique.

Combien de CO2 absorbe un arbre ?

La réponse à cette question permet de quantifier l'effet puits de carbone des forêts et leur rôle atténuateur du réchauffement climatique, du moins tant que le couvert forestier de la planète reste suffisant.

 

Il est bien connu que les constituants de la végétation en général, et les arbres en particulier, s’appuient sur la photosynthèse pour se développer. Pour simplifier on peut dire que sous l’effet de la lumière et de la chaleur, les végétaux transforment eau et CO2 (dioxyde de carbone) en carbone et composés carbonés (stockés sans le bois) d’une part et oxygène d’autre part, rejeté dans l’atmosphère.

 

Ce qui est intéressant c’est de pouvoir quantifier ces effets. L’arbre est la meilleure des machines de séquestration et de transformation de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique. Et en plus cette machine est naturelle. Les forêts constituent un des meilleurs puits de carbone possibles.

 

C'est une des raisons pour laquelle La Terre du Futur souhaite contribuer à reboiser.


Alors, combien de CO2 absorbe un arbre ?

Infographie ONF-GIEC

Cette infographie qui indique combien de CO2 absorbe un arbre a été élaborée par l’ONF (Office national des forêts) sur la base d’informations fournies par le GIEC. 

Les valeurs de capacité d'absorption en CO2 d'un arbre sont simples à retenir :

  • un m3 de bois peut contenir l’équivalent d'une tonne de CO2 absorbée;
  • un hectare de forêt peut absorber entre 6 à 16 tonnes de CO2 par an, en fonction des essences, du climat, des sols…

Les valeurs indiquées sont des moyennes et des valeurs approchées. La réalité est bien plus diverse, car elle dépend des essences, du climat, de la latitude, des sols, etc...

Combien de CO2 absorbe un arbre par l'ONF
Infographie ONF Office National des Forêts - Combien de CO2 absorbe un arbre

La capacité d'absorption en CO2 dépend des essences

La capacité d'absorption en CO2 d'un arbre dépend donc de plusieurs facteurs comme par exemple :

  • l'essence concernée;
  • les sols;
  • le climat;
  • la latitude;
  • l'entretien de la forêt. 

L'IGN (Institut Géographie National) a publié plusieurs études sur la capacité des forêts françaises à stocker du carbone. Le graphique ci dessous donne un résumé de la capacité de stockage en carbone des forêts en France suivant l'essence concernée, en tonnes par hectares (2015).   

Combien de CO2 absorbe un arbre en fonction de l'essence plantée.

Autres informations sur la capacité d'aborption des arbres

L’infographie (supra) donne aussi quelques éléments qui permettent de bien situer l’impact des activités humaines et l’effet d’absorption des forêts.

 

En France, les forêts absorbent 19% de nos émissions de gaz à effet de serre. Autrement dit, il faudrait que les forêts, qui recouvrent actuellement un tiers du territoire puissent en recouvrir 150% pour absorber toutes nos émissions. Bien entendu ce n'est pas une perspective réaliste. Cela signifie que les forêts ne peuvent agir que comme atténuateur des effets du réchauffement climatique et non nous en prévenir complètement.

 

Mais l’effet des forêts sera essentiel pour rendre le réchauffement climatique moins insupportable. Nous donnons ci dessous quelques exemples de politiques qui mériteraient d'être étendues ou déployées à grande échelle : 

  • Le GIEC recommande le développement des forêts par des reboisements massifs.
  • Le Royaume uni a émis des préconisations pour ses propres sols, en souhaitant passer d’un taux de boisement du territoire de 13 à 17% à l’horizon 2050.
  • L’Islande, qui a perdu toutes ses forêts depuis l’arrivée des vikings, s’est lancée dans une politique de reboisement très proactive.
  • En France, la politique de reboisement reste à établir, mais des opérations ponctuelles d'initiative locale existent, comme par exemple celle de la forêt de Pierelaye-Bessancourt.

Capacité d'absorption quand la concentration en gaz carbonique croit

Une étude menée conjointement par une équipe franço-australienne (incluant des chercheurs de l’INSERM) indique que la nature répond positivement à l'augmentation de la proportion de CO2 dans l’atmosphère. Le développement de la végétation semble proportionnel à la quantité de CO2 dans l’atmosphère, et se retrouve ainsi en mesure d’absorber d’autant plus de CO2. Cependant l’étude souligne que le réchauffement climatique met la végétation sous stress du fait des sécheresses, incendies, ouragans, élévation des températures. Ce phénomène atténue sa capacité d'absorption en CO2.

 

L’étude "Robust response of terrestrial plants to rising CO2" peut être téléchargée sur le site Trends in plant science. On peut ainsi obtenir une information précise de combien de CO2 un arbre absorbe en plus avec l'augmentation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère. 

Bilan carbone des voyages en avion

Combien de CO2 absorbe un arbre en comparaison d'un voyage en avion ?

L’infographie donne une information qui peut être trompeuse en indiquant qu’un arbre de 5t peut compenser 5 vols aller et retour vers New-York. Cette quantité correspondant en fait au CO2 émis par le transport d’un seul passager.

 

Le calcul basé sur l'emploi de la base carbone de l'ADEME indique qu’un vol aller et retour Paris-New York émet plutôt 2 tonnes de CO2 par personne, à condition de voyager en classe économique. Cette quantité est à rapporter à la capacité d'un arbre à aborber du CO2. Ce que nous allons rejeter dans l'atmosphère en quelques heures, l'arbre mettra plusieurs décennies à l'absorber. 

 

Cette mise en perspective indique bien l’impact très important de nos actes de consommateur sur l’environnement. Seule la modération de cette consommation peut limiter les effets du réchauffement climatique. Planter des arbres ne peut en aucun cas servir de compensation carbone pour nous découaner de nos actes de consommation excessifs. 

 

Noter que site de Thomas Wagner propose un calculateur de bilan CO2 pour un vol donné, en fonction de la classe dans laquelle on voyage. 


Cet article sur la capacité des arbres pour absorber le gaz carbonique a été rédigé par Frédéric Durdux.